Un Pou du Ciel a atterri au Musée de l’Aviation

C’est le nouvel arrivant surprise dans la collection d’aéronefs du Musée. Pour les béotiens que nous sommes dans notre grande majorité, « Pou du Ciel » est le nom d’un avion dont les plans nous viennent d’un génial pionnier de l’aéronautique.

En 1934, Henri Mignet a créé ce qu’on appellerait aujourd’hui un « concept plane », et il en a offert les plans au monde entier en les publiant dans son livre « Le Sport de l’air ». La légende épique s’est inscrite dans l’histoire lors d’une démonstration éblouissante pour l’époque, à l’issue de laquelle le fou volant a été porté en triomphe. Sa drôle de machine, le HM 14, réunissait quelques principes aérodynamiques majeurs et originaux. Suppression de la vrille, effet de fente, aile vivante, les connaisseurs apprécieront le legs de cet ingénieur, reconnu comme le père de l’aviation pour tous et de la construction amateur. L’histoire du « Pou », et de ses variantes, ne s’est pas arrêtée à la mort de l’inventeur en 1965. Le nom de cet aéronef ultra léger est passé dans le langage commun de l’aéronautique, et son fils et son neveu ont poursuivi son œuvre tant pour la construction d’appareils en usine que pour la conception d’appareils destinés à être construits par les amateurs. La formule Mignet a sauté les générations, et de nombreux constructeurs amateurs se sont longtemps servis de ses plans et de ses idées pour leur fabrication personnelle.

Une bonne cinquantaine d’années après le premier vol, c’est un fan d’aéronautique marseillais qui a réalisé son propre Pou, l’Airplume n°15, fièrement signé « André Matrone, constructeur ». Peint en blanc avec un fuselage décoré d’un éclair rouge vif, le zinc est en résine et donne le vertige avant même de s’y asseoir. « L’aventure est dans chaque souffle de vent » avait écrit Charles Lindbergh en son temps. C’est démontré ici car l’objet est d’un archaïsme élégant et magnifique qui donne le frisson. L’absence de cockpit, peut-être ? Car à l’époque, « sentir le vent de l’aventure » n’était pas juste une métaphore.

Une trentaine d’années après sa fabrication, l’Airplume n°15 du constructeur Matrone rejoindra son dernier ciel, le plafond du Musée de l’Aviation.

(article Citylia)

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André MATRONE (constructeur), Claude PICCIRILLO (M. le Maire) et Patrick DUPUY (Président du Musée).

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Hisilicon Balong

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